Comment réussir un bokeh ?

02.10.2017

Dans un article précédent nous avons abordé le thème de l'arrière-plan, qui est très important dans la création d'une image mais malheureusement il est bien trop souvent négligé. Aujourd'hui nous allons développer le sujet en parlant du bokeh, cette fameuse technique de flou artistique devenue tendance.

 

Tout d’abord commençons par le commencement (la blague…), le bokeh est dérivé d’un mot japonais « boke » qui signifie « flou », il se prononce « boké ».

 

Et visuellement parlant, le bokeh c’est quoi ?

 

Il s’agit de l’effet de flou que nous retrouvons à l’arrière-plan ou au premier plan d’une image, il est principalement utilisé pour mettre un sujet en valeur. Le bokeh concerne ce qui ne se trouve pas dans la zone de netteté d’une image, à ne pas confondre avec un flou de bougé ou un flou de mise au point, il participe au côté artistique et esthétique de l’image, nous le retrouvons bien souvent dans la macrophotographie, la proxyphotographie ainsi que dans les portraits.

Il existe différents termes pour caractériser un bokeh, il peut être doux, moelleux, crémeux mais également, nerveux, rugueux…

 

 

 

Comment réaliser un bokeh ? 

 

Et si on rentrait un peu plus dans le côté technique ? Cet effet artistique apparaîtra avec plus de facilité lorsque la focale utilisée sera longue avec une grande ouverture du diaphragme ainsi il y a plus de chance pour que le fond se détache le plus possible du sujet. Et bien oui le bokeh est là pour sublimer le sujet principal, il doit apparaître comme un écrin pour ce dernier sans trop attirer l’œil, pour cela il faudra augmenter la distance entre le sujet et l’arrière-plan ou bien rapprocher votre appareil. Effectivement plus la profondeur de champ sera faible, ou plus l’arrière-plan sera éloigné, plus l’image sera défocalisée et vous obtiendrez l’effet voulu.

Voici quelques recommandations pour réaliser un bokeh : plus votre objectif est lumineux mieux c’est ; les ouvertures idéales sont : f/1.4, f/1,8, f/2, f/2,8. Le mode à utiliser est celui à priorité d’ouverture, ou le mode manuel qui vous permettra de choisir votre vitesse d’ouverture et d’obturation. Les objectifs à focale fixe sont superbes pour faire de beaux bokehs, mais les autres également, par exemple sur un 24-70mm, il vous suffira de choisir une grande ouverture et de la placer sur 70mm.

Je tiens tout de même à préciser qu’il est tout à fait possible de réaliser un bokeh même si toutes ces conditions ne sont pas réunies. J’ai pu en obtenir avec une ouverture à f/8 par exemple. Amusez-vous avec votre appareil, testez de nouveaux réglages, ce qui vous permettra de mieux connaitre et maîtriser votre appareil.

 

Le bokeh se reconnaît généralement grâce à ses formes rondes et floues, elles peuvent être créées grâce à la lumière mais également grâce aux différentes couleurs que possède la photo. C’est d’ailleurs un critère important, lorsque vous partez en balade pour faire de la macro, si vous désirez prendre une fleur il faut impérativement faire attention au premier et arrière-plan, et donc à la luminosité et aux teintes qui entourent votre sujet. Ainsi le bokeh sera harmonieux et plus esthétique. Un brin d’herbe mal placé peut vite attirer l’œil est donc dégrader la qualité de l’image.

La qualité, et donc la beauté du bokeh, provient du nombre de lamelles qui constituent le diaphragme, effectivement plus ce dernier aura de lamelles, plus beau sera votre bokeh. Mais cela dépend également de leur forme, plus elle est circulaire plus elle donnera des cercles de hautes lumières défocalisées, plus arrondies et plus douces.

 

Cela dit, il y a possibilité d’avoir un bokeh qui n’a pas une forme circulaire, pour ça il suffit de placer un filtre créé exprès à cet effet. Vous pouvez bien entendu l’acheter, sinon pour les plus manuels vous pouvez vous en fabriquer, ce qui permettra de personnaliser à fond ce qui sera votre futur bokeh. Pas de panique, ce n’est pas si compliqué que ça. Pour cela il vous faut un carton noir, une paire de ciseaux, du scotch et un compas si besoin. Dans le carton noir vous allez découper un disque du diamètre de votre objectif. Dans ce dernier vous allez y tracer une forme, pour cela laissez libre cours à votre imagination, laissez parler vos envies tout simplement. Une fois le pochoir réalisé il vous suffit maintenant de le fixer sur l’objectif, à vous de voir la manière qui vous convient le plus. Pour que votre fabrication soit réalisée au mieux et surtout qu’elle fonctionne au mieux, il ne faut pas découper de forme dont le diamètre dépasserait la focale divisée par l’ouverture.

Maintenant vous n’avez plus qu’à trouver une source lumineuse à photographier qu’elle soit en intérieur ou en extérieur, ne mettez pas la mise au point sur la source, laissez-la plutôt dans le flou.

 

 

 

Niveau composition et pratique, comment ça se passe ?

 

Il est vrai que les sujets photographiés montrant le plus de bokeh sont les portraits et les gros plans en macro. La macro fait d’ailleurs un très bel entrainement dans la réalisation de ce joli flou. Les périodes de fêtes, tel que Noël, sont également géniales pour réaliser de beaux bokehs lumineux, grâce aux objets réfléchissants, brillants et aux différentes lumières.
Le bokeh ajoute douceur et poésie aux photographies qui seraient trop exposées en temps normal. Effectivement pour avoir un bokeh il faut absolument de la lumière, c’est elle qui le fera apparaître. Mais il est important d’avoir un minimum de contraste, si votre fond est tout blanc par exemple, vous ne ferez pas un joli bokeh.
Le sujet doit être éloigné le plus possible de votre premier et arrière-plan. Plus le sujet sera proche de l’appareil plus le bokeh sera moelleux, sans oublier qu’il est recommandé d’utiliser la focale la plus longue. En décollant un maximum votre sujet de son environnement la tache de flou s’agrandira. Il faut faire vraiment prêter attention au fond et garder dans un coin de sa tête que c’est grâce à lui que le sujet sera mis en valeur.
Le rôle du bokeh est de cacher un fond ou un premier plan peu esthétique, mais il fait preuve de créativité et fait paraître les images bien plus artistiques. Et oui vous savez désormais que même vos photos de vacances peuvent être plus dynamiques grâce à cette technique.

 

Maintenant la lecture faite, vous avez toutes les cartes en main pour vous essayer aux flous artistiques, en gardant un paradoxe en tête : il faut s’éloigner du sujet pour mieux le photographier de près.

 

 

 

Margaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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